Chronique d’un naufrage en haute mer : l’OM coule à Bruges

Comment est-ce possible de sombrer aussi rapidement à Bruges, les Olympiens ont sombré à Bruges, et sont éliminés de la ligue des Champions. Chronique d’un naufrage en haute mer.

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Ils étaient partis confiants, le torse bombé et la boussole réglée sur « printemps européen ». Ils sont revenus en canot de sauvetage, trempés jusqu’à l’os, la tête sous l’eau et le moral à marée basse. À Bruges, l’Olympique de Marseille n’a pas perdu un match de Ligue des champions : il a vécu une reconstitution grandeur nature du Titanic, version ballon rond, score final 3–0.

Dès le coup d’envoi, on a senti que la mer n’était pas d’huile. Le vent du Nord soufflait, la pelouse ressemblait à un pont glissant et les Marseillais avaient le pied marin… d’un stagiaire. Face à eux, Bruges jouait simple, droit, comme un équipage qui connaît ses cartes. L’OM, lui, hésitait entre le cap Horn et la promenade des Anglais.

Et puis il y a eu le gardien. Ah, le gardien. Celui qui devait être le phare dans la tempête s’est transformé en plongeur de piscine municipale. Un plongeon à contretemps par-ci, une sortie hasardeuse par-là : chaque intervention ressemblait moins à un arrêt décisif qu’à un cours accéléré de natation synchronisée. Résultat : trois buts encaissés, trois grosses vagues, et une impression persistante que le bain de la vraie vie du football européen était beaucoup plus froid que prévu.

À chaque but brugeois, le navire olympien prenait l’eau. Les défenseurs écopaient avec des cuillères, le milieu regardait l’horizon en espérant apercevoir la côte, et l’attaque envoyait des SOS en ballon… systématiquement interceptés. Le capitaine criait des ordres, mais le gouvernail tournait dans le vide.

À 3–0, il ne restait plus qu’à constater les dégâts : coque fissurée, ego en cale sèche, ambitions rangées au fond de la soute. Bruges n’a pas volé sa victoire : il a simplement laissé l’OM se saborder tout seul, avec une élégance toute belge et un sens aigu de l’opportunisme.

Reste une leçon, dure mais salutaire : en Ligue des champions, on ne navigue pas à vue. Et quand ton gardien te pousse à plonger dans le grand bain sans brassards, mieux vaut savoir nager. Marseille, ce soir-là, a surtout appris une chose : la haute mer européenne ne pardonne ni les trous d’air… ni les trous dans les gants.

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