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La Cour suprême des États-Unis majoritairement conservatrice débat mardi d’une question devenue explosive, le droit des filles ou femmes transgenres à participer à des compétitions sportives féminines scolaires et universitaires.
Donald Trump a fait des droits des personnes transgenres un des axes de sa campagne en 2024, promettant de mettre fin au « délire transgenre ». Dès le 20 janvier, jour de son investiture, le président républicain a signé un décret selon lequel son administration ne reconnaîtrait désormais l’existence que de « deux sexes, masculin et féminin » , définis à la naissance.
Il a également signé en février un décret autorisant les agences fédérales à couper les subventions aux écoles qui permettent aux sportifs transgenres de concourir dans des championnats féminins.
Il y a quelques jours, lors d’une réunion de travail avec les élus républicains de la Chambre des représentants à Washington , le président américain s’est livré à une imitation théâtrale d’une scène de compétition d’haltérophilie afin de critiquer la participation d’athlètes transgenres aux épreuves féminines.
En cause mardi devant les neuf juges de la Cour suprême, les lois adoptées par les États conservateurs de l’Idaho et de la Virginie-Occidentale qui, comme plus de la moitié des États américains, interdisent aux femmes transgenres de participer aux compétitions féminines.
En Idaho, pionnier de ce type de législation aux États-Unis, une étudiante transgenre de l’Université d’État de Boise, Lindsay Hecox, a contesté son exclusion d’épreuves sportives.
Une cour d’appel fédérale lui a donné raison, considérant que la loi violait une disposition du Quatorzième amendement de la Constitution américaine sur « l’égale protection » des citoyens.
En Virginie-Occidentale, il s’agit d’une mineure transgenre dont une autre cour d’appel fédérale a conclu qu’elle subissait une discrimination fondée sur le sexe, prohibée par la loi américaine.
Soutenus par l’administration Trump qui qualifie ces lois de « politiques éminemment raisonnables », les deux États affirment vouloir simplement faire respecter l’équité et la sécurité sportives.
« En moyenne, les hommes sont plus rapides, plus forts, plus grands, plus musclés et ont plus d’explosivité que les femmes », fait valoir dans ses arguments écrits l’Idaho, assimilant les femmes transgenres à des hommes, et invoquant le « bon sens ».
« Les femmes et les filles ont perdu des places dans les équipes de sport, cédé des places sur les podiums de championnats et subi des blessures » en affrontant des femmes transgenres, déplorent également les représentants de la Virginie-Occidentale.
Mais les sportives transgenres concernées exhortent la Cour suprême à déclarer ces lois illégales et discriminatoires.
« La discrimination gouvernementale contre les personnes transgenres ne fera que s’intensifier si cette cour statue que les lois discriminant les Américains transgenres sont présumées constitutionnelles », préviennent ainsi les avocats de Lindsay Hecox.
La décision des neuf juges est attendue d’ici le terme de la session annuelle de la Cour suprême, fin juin.
En juin, la Cour a permis au Tennessee (sud) d’interdire aux mineurs transgenres l’accès aux traitements de transition, considérant que la loi adoptée en la matière par cet État ne présentait pas de caractère discriminatoire.

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